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Noël Provençal (tradition)

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Profil de JC13
Envoyé sur Bulma Animation le :  4/1/2007 17:08
Meilleure Création Halloween 2007
Inscrit le: 31/3/2006
De: Aux pays de la gastronomie
Nombre de Points: 813

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Noël Provençal (tradition)

Vous me direz que les traditions se perdent de plus en plus mais moi qui suis de le Provence, je voulais vous parler de la tradition de Noël comme ça se passait au temps de mes grands parents et de mon enfance.

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" Alegre, Diou nous alegre, cachofué ven, tout ben ven, Diou nous fague la graci di veïre l’an que ven. Se sian pas mai que siguen pas men ".

Soyons joyeux, Dieu nous garde joyeux. Cachofué vient, tout bien vient, Dieu nous fasse la grâce de voir l’an qui vient. Si nous ne sommes pas plus, que ne soyons pas moins.

Les fêtes de Noël :
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Elles revêtent en Provence, un caractère familial et collectif, et se caractérisent par une veillée accompagnée de récits et de mémoires parlés, de chants et cantiques, un souper en commun, des cadeaux distribués. Ensuite la messe de minuit avec les diverses cérémonies du pastrage, des offrandes le jeu des pastorales et le chants de Noëls.
Le Noël provençal désigne habituellement un chant ou cantique en langue provençale par lequel les poètes traduisaient à la fois la ferveur religieuse et les traditions locales. Le Noël est en effet chanté en forme de dialogue et se prête fort bien aux jeux scéniques retrouvés dans la pastorale : les plus célèbres sont ceux de Nicolas Saboly (1614-1645) ; ils retracent bien plus qu’une histoire religieuse. Les textes évoquent, en effet, les rapports difficiles entre les pèlerins et les habitants du bourg perché et fortifié, dans le contexte de ce qu’étaient les règles de l’hospitalité de l’époque. Sachant que la région était avant tout le refuge d’itinérants, de marchands ambulants, voyageurs égarés provoquant peur et soupçon.


Le cacho-fio :
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Cela consiste en l’allumage rituel de la bûche de Noël. Cacho le feu signifie l’allumer : on dit même Bouta cacho-fio, c’est à dire bouter le feu à la bûche.
Celle-ci doit être traditionnellement de bois fruitier (poirier, cerisier, olivier). La plupart du temps, la cérémonie a lieu devant la cheminée avant de se mettre à table. Le plus jeune et le plus vieux mettent le feu à la bûche, que l’on arrose par 3 fois de vin cuit en entonnant : " Que la bûche se réjouisse demain sera le jour du pain, que tout bien entre ici, que les femmes enfantent, les chèvres chevrotent, les brebis agnellent, qu’il y ait beaucoup de blé et de farine, et de vin une pleine cuve ". Le rite du feu caché étant destiné à laisser présager le feu neuf, le feu du premier soleil de l’année qui s’annonce.
Avant la messe proprement dite, a lieu la veillée : c’est un instant de recueillement agrémenté de chants et de musique. Les Noëls y sont à l’honneur et repris en coeur avec plus d’élan qu’autour du cacho-fio. Les gens qui ne comprennent pas le provençal les prennent pur des cantiques bien qu’ils ne soient pas toujours exempts de caractères profanes.
En Haute Provence, le vin peut être remplacé par de l’huile d’olive qui a pour avantage de favoriser l’embrasement ; en montagne la bénédiction se fait avec du bouillon de crouiche, sorte de pâte fraîche ou lasagne qui figurait parmi les plats traditionnels de la région

La sainte- barbe:
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Dans la coutume, le blé est le prémice de la moisson à venir « quand lou blad vèn ben, tout vèn ben ! » quand le blé vient bien, tout vient bien !
La tradition veut que l'on prépare la fête de la Nativité dès le 4 décembre, jour de la Sainte-barbe, où l'on sème le blé « lou blad de Calendo » le blé de Noël (que l'on remplace aussi par des lentilles et même des pois chiches) que l'on dispose sur un coton humecté, dans une petite assiette en terre ou en faïence. On la met au soleil et, lorsque le blé a germé, on place lou blad de Calendo sur la tablette de la cheminée, à la chaleur.
3 semaines plus tard, il décorera la crèche et la table du gros souper.
Lorsque la fête est terminée, on enterre le blad de Calendo, ou on le fait brûler dans la cheminée avec « le respect du mystère de la vie ».

La crèche:
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Le dimanche qui précédait Noël, toute la famille partait dans les collines ramasser de la bruyère, des branches de houx et de cyprès... pour faire les arbres et la mousse de la crèche.
Attention, la crèche est une tradition sérieuse, on accorde certes à l'auteur une liberté totale de création, mais il existe des règles élémentaires à ne surtout pas outrepasser.
La crèche terminée, les santons tous à leur poste, on dépose, sur le devant, les soucoupes du blé de la Sainte-Barbe. Et on attend, patiemment, le 24 décembre minuit pour déposer l'enfant Jésus entre l'âne et le boeuf.
Attention, il n'y a pas d'arbre de Noël près de la crèche. C'est une belle tradition, mais elle n'est pas provençale !


.La nuit de Noël:
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Le Gros Souper :
Il a lieu juste après le Cacho-fio, le 24 décembre au soir, avant la messe de minuit : c’est un repas maigre mais il nécessite une véritable mise en scène : La table est dressée sur 3 nappes blanches, les unes sur les autres ; elle est ornée de 3 grosses bougies blanches, symboles de la trinité et de l’Espérance, ainsi que de petits houx à boules rouges, quelquefois de rose de Jéricho et dans trois écuelles, du blé de Ste Barbe, semé avant le 14 décembre.
Au menu, 7 plats maigres en souvenir des 7 douleurs de la Vierge Marie, comprenant les légumes traditionnels : le chou fleur, le cardon, le céleri, artichaut, servis soit à l’huile d’olive pressée, soit en sauce blanche accompagnés d’une anchoïade. Tout repas maigre implique la présence de poisson, le plat traditionnel reste la morue séchée en raquette salée.
En Arles, il n’était composé que des produits du pays : " muge en raito " dans sa sauce rousse parsemée d’olives noires, carde ou cardons, escargots bouillis que l’on enlevait de la coquille avec une épine et que l’on mangeait avec l’aïoli, filets d’anchois nageant dans l’huile, coeur de céleri cru ou carde, blanchi en terre.

C'est un repas maigre qui est servi en attendant la messe de minuit (la dinde est mangée au déjeuner du lendemain). Et si c'est un repas de fête, ce n'est pas une ripaille : on n'y fait pas débauche de nourriture.
En ce qui concerne le menu, il n'y a pas véritablement un repas type. Il y a des constantes et surtout beaucoup d'adaptation aux ressources du terroir. Quant aux 13 desserts, si l'on a gardé le nombre traditionnel, ils peuvent être beaucoup plus nombreux. Le vin, enfin, est présenté sur la table dans de larges pichets et toujours, c'est la tradition, le vin cuit, en bouteille.
Le repas se déroule dans la joie d'être tous réunis.

Menu du gros souper:
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l'Anchoïade
la Soupe à l'Ail
la Matelote d'Anguilles
la Bouillabaisse de Morue
la Morue aux Câpres (la Raito)
la Tarte aux Epinards
le Nougat
les Cacaracas d'Auriol
les Treize Desserts
la Pompe à Huile ou Gibassié
le Vin Cuit

Le repas gras :
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Le Réveillon suit la messe de minuit. Le décor de fête présenté est celui d’une ambiance feutrée. C’est le royaume des gourmets, il y’a abondance de mets, gibiers, rôtis et toutes sortes de vins de Provence. On appréciera pour finir les délicates pâtes de fruits et l’assortissement de chocolats des grandes boites " maison " accompagnés de subtiles liqueurs du terroir.

Le repas de Noël :
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Ce repas traditionnel a lieu le 25 décembre à midi : celui-ci doit comporter des plats maigres, servis en abondance en présage de prospérité, les 13 desserts, et la dinde est à l’honneur. De même, il était de tradition de manger les pains de St Etienne ou Estevenoun, que les parrains et marraines donnaient à leurs filleuls et suspendaient aux rameaux distribués à cette fête. La plupart du temps, ils prenaient la forme de colombe ou de St Esprit. C’est aussi l’occasion d’apprécier les apéritifs à base de noix, d’orange ou de pêche que chaque provençal conserve précieusement. La bûche de Noël sera accompagnée par les 13 desserts.
Le 25 au soir, afin de se reposer, il est tradition de proposer la soupe à l’ail (l’aigo boulido).

Les treize desserts
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On ne sait pas si les 13 assiettes symboliques représentent le Christ et les apôtres. Aux quatre coins de Provence, les friandises diffèrent, alors que les éléments de base (fruits secs, nougats et pompe) restent inchangés.

•Les fruits secs : évoquent par leur couleur, l'habit de bure des différents ordres religieux dits « mendiants » du XIXe siècle.
- noix et noisettes = Augustins
- figues = Franciscains
- amandes pelées = Carmes
- raisins secs = Dominicains

•Les fruits frais :
- dattes - poires
- oranges - raisins frais
- pommes - melon d'hiver

•Nougats blancs et noirs et pâte de coing

•La Pompe confectionnée avec la meilleure farine, la meilleure huile d'olive et de la cassonade parfumée à la fleur d'oranger.

•Le Cacho-fue (ou cacho-fio)
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Toute la famille réunie, l'on procède à la cérémonie. Le Cacho-Fue consiste en l'allumage traditionnel de la bûche de Noël. Cette bûche est toujours le bois d'un fruitier, mort de sa belle mort dans l'année.
La bûche est respectueusement déposée sur le sol, l'aïeul prend un verre de vin cuit et procède à la bénédiction « Allègre ! Allègre ! Allègre ! Que Nostre Segne nous allègre ! S'un autre an sian pas mai, moun Dieu fugen pas men! » Allégresse! Allégresse! Allégresse! Que notre Seigneur nous emplisse d'allégresse! Et si, une autre année, nous ne sommes pas plus, mon Dieu, ne soyons pas moins! Trois fois de suite, il verse le vin cuit sur la souche, puis, avec le plus jeune de la famille, prend la bûche et après lui avoir fait faire 3 fois le tour de la maison, la dépose dans l'âtre. Le rite est accompli. La famille, un peu émue, est heureuse et passe à table pour le gros souper.



Bien des rituels ont ou avaient lieu pendant la Messe de Minuit. Nous citerons les 2 plus connus d'entre eux : le Pastrage et la Vaquette et la Pétouse.

Le Pastrage :
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C'est une très ancienne coutume. Quelques jours avant Noël, une brebis et son agneau sont choisis par lou bayle (patron des bergers). Une charrette est préparée: garnie de paille, de bougies et de rubans.
Le Pastrage est un véritable spectacle qui démarre bien avant la Messe de Minuit. Tout commence, dans le village, par le réveil du berger, puis l'appel du meunier, vient alors le réveil du village puis celui des « vieux » (Rousti do, Jourdan et Margarido). Chants et danses complètent ce spectacle. Enfin vient l'heure de rentrer en défilé dans l'église.
Le prêtre et les enfants de coeur déposent l'enfant Jésus dans la crèche. Les anges entonnant le chant de Gloire, les cloches sonnent et le cortège des bergers entre dans l'église. La Bayle a mis sa cape de bure, son chapeau enrubanné et tient son bâton de pèlerin.
Des angelots marchent en tête suivie d'un petit pâtre muni d'une lanterne, d'autres suivent portant des agneaux. Puis viennent des jeunes filles vêtues du costume provençal, chargées de présents et chantant, accompagnées par les tambourinaires.
Arrive la charrette, dans laquelle on a déposé l'agneau, tirée par la brebis.
Tous viennent adorer l'enfant Jésus, offrent leurs présents. Puis, tous les hommes de l'assemblée, portant une bougie allumée (image de leur foi) viennent baiser les pieds de l'enfant Jésus.
La Messe se poursuit avec ses chants de Noël (les plus célèbres sont ceux de Nicolas Saboly), et se termine. On sort dans la froidure de la nuit et l'on discute un moment sur le parvis de l'église.

La Vaquette et la Pétouse
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Lointaine tradition. Manifestation typique à Auriol où Noël était dit illuminé c'est à dire éclairé ; carillonné, les cloches appelant les fidèles d'heure en heure ; enrubanné, c'est à dire que le pain offert aux pauvres était agrémenté de sucreries.
Dans les temps anciens, le seigneur du village devait offrir de quoi faire un festin collectif : une vache ou vaqueto. Très vite celle ci, à cause de certains abus de mangeaille, fut remplacée par le plus petit des oiseaux : le roitelet ou le troglodyte dit petouso*.
Traditionnellement, la petouse est capturée, attachée au bout d'une perche et présentée vivante dans l'église, la nuit de Noël, au prêtre qui lui rend la liberté. Certains boulangers d'Auriol continuent à fabriquer le cacaraca pâtisserie en forme de coq, en pâte d'amande, fichée au bout d'un roseau.
Dans certains villages comme Aubagne, Roquevaire, Cabriès,... cette chasse à la vaqueto prenait des allures profanes. Tous les hommes du village partaient capturer un petouso. Le premier d'entre eux qui y réussissait était proclamer roi : Rey de la vaqueto. On le ramenait au village ridiculement déguisé et maquillé. Le roi choisissait ses officiers et sa cour que l'on déguisait, armait. Le cortège prenait la route de l'église, y pénétrait avec grand fracas, y lâchait la vaqueto pour s'efforcer de l'attraper et mettait dans l'église un grand désordre sans aucun respect du Saint lieu et en repartait pour un banquet pantagruélique.
Cette coutume a très vite été interdite.

* le « Trésor du Félibrige » explique que « ce petouso porte aussi le nom de vaco-petouso, ces 2 termes associés soulignent le passage de l'un à l'autre et suggère qu'il s'agit peut-être de l'oiseau accompagnateur du bovin c'est à dire le pique-boeuf qui se nourrit de la vache : métamorphose symbolique. »


Les Pastorales
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Elles commencent dès le lendemain de Noël et se déroulent pendant tout le mois de janvier.
Elles évoquent la marche à l'étable et la pieuse dévotion au Nouveau Né. Le sujet ne varie guère : c'est l'histoire de Joseph cherchant un toit pour la nuit, allant de porte en porte et de maison en maison.
L'origine des pastorales a donné lieu à de sérieuses études dont Pierre Ripert a rassemblé l'essentiel : « ce n'est pas une survivance des mystères du moyen âge, comme on a tendance à le croire, mais une seconde création : les crèches parlantes ayant précédé les pastorales ».
C'est Antoine Maurel qui, à la demande de l'abbé Julien, écrit la première pastorale digne de ce nom (1844). Ce miroitier va réaliser une oeuvre qui va défier le temps et enthousiasmer les foules. Des dizaines d'auteurs se mettent alors au travail : Bellot présente sa pastorale en 1856, Albéric Gautier en 1862, Pela ban et Clapier en 1880 et bien d'autres dont Audibert, Fallen, Victor Debergue, docteur Chabaud, Marius Jouveau et l'abbé Georges. On dénombre aujourd'hui près de 240 auteurs différents, tant en français, qu'en provençal.


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Je peux vous dire que cette tradition existe encore dans certaine famille ancienne mais se perd de plus en plus de nos jours et ce que je trouve dommage.

Voilà un peu de mon Noêl qui sent bon la Provence.

Bonnes fêtes à tous

Profil de selena
Envoyé sur Bulma Animation le :  4/1/2007 17:27
Specialiste Naturo-sympathique
Inscrit le: 23/12/2006
De: entre-2-mers
Nombre de Points: 1723

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Re: Noël Provençal (tradition)

Luciole: un grand merci sûr que çà disparaît, la preuve les pique-boeufs se débrouillent tous seuls ou ont disparus mais l'anchoïade lalalala !
Les 13 desserts deviennent très mode à Paris Merci encore!

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